Une avant-première sous le signe de l’émotion

Une belle rencontre, pour les instigateurs de la soirée. Photo Thérèse Poncety

   « L’étrangère« , film proposé par le circuit de cinéma rural itinérant Bresse Revemont en présence de la réalisatrice et des producteurs, a été fort apprécié et a suscité de riches échanges autour d’une œuvre à voir absolument.

  Avec « L’Etrangère », le circuit a offert une belle soirée aux spectateurs de Revonnas, mais aussi de plus loin. La centaine de personnes présentes dans la salle a spontanément applaudi après les dernières images, appréciant, de plus, la venue de Gaya Jiji, réalisatrice de l’œuvre, qui s’est prêté avec un grand plaisir, partagé, au jeu des échanges avec le public. « J’apprécie beaucoup les petites salles, où il y a un vrai public, toujours différent », déclarait-elle.

   Son récit n’est pas autobiographique, mais se nourrit toutefois de sa propre histoire, Gaya Jiji ayant aussi quitté la Syrie pour s’établir en France. La réalisatrice, titulaire d’un master en cinéma, a muri son projet pendant plus de six ans et a su s’entourer des acteurs les plus justes, pour un récit, tout en franchise et en sensibilité qui va plus loin que le parcours quotidien d’une migrante. C’est aussi le combat difficile d’une femme pour une vie nouvelle, pour le droit de se réinventer, d’aimer.

Des grands talents réunis

   Zar Amir, actrice reconnue en Iran, mais qui a dû aussi se réfugier en France, était déjà titulaire de deux prix d’interprétation. Après des recherches infructueuses, la cinéaste indique avoir eu le déclic pour elle, qui a même appris l’Arabe pour les besoins du film. 

   Alors qu’il avait tourné pour Vincent Lindon et Gilles Lellouche, Alexis Manenti a acquis la notoriété avec Les Misérables, de Ladj Ly, polar quatre fois césarisé sur la BAC (brigade anti criminalité) en banlieue parisienne. Il donne à son personnage toute sa simplicité apparente, en réalité nourrie par une richesse de sentiments, de convictions et d’émotions intenses. 

   Quant à Amr Waked, acteur égyptien qui cumule déjà sept distinctions, il a aussi dû fuir son pays suite à ses prises de position. Il incarne, là, un prisonnier politique encore capable de la plus grande bienveillance.

Réalisation, et production !

   Fait plutôt inhabituel : la présence des producteurs, qui ont pu expliquer leur démarche pour accompagner cette réalisation . . . et dévoiler qu’une prochaine collaboration était en cours. Le circuit s’est alors aussitôt positionné pour les accueillir dans des conditions équivalentes !

En avant-première !

  La sortie nationale du film est programmée pour le 24 juin, 2026, mais les spectateurs de Bresse Revermont ont pu le découvrir le 30 mai.

La réalisatrice et les producteurs ont apprécié ce moment d'écvhanges avec le public. Photo Thérèse Poncety
Maman depuis peu, Zar Amir n'a pas pu être présente à cette soirée